Différents types de chirurgies vétérinaires

# Différents types de chirurgies vétérinaires

La chirurgie vétérinaire moderne représente un domaine en constante évolution, où l’expertise technique rencontre l’innovation technologique pour offrir des solutions thérapeutiques de plus en plus sophistiquées. Que vous soyez propriétaire d’un animal de compagnie confronté à une intervention chirurgicale ou simplement curieux des avancées de la médecine vétérinaire, comprendre les différentes procédures chirurgicales disponibles vous aidera à prendre des décisions éclairées concernant la santé de votre compagnon. Les techniques chirurgicales vétérinaires couvrent aujourd’hui un spectre remarquablement large, allant des interventions orthopédiques complexes aux procédures neurochirurgicales délicates, en passant par l’oncochirurgie spécialisée. Chaque type d’intervention requiert une formation approfondie, un équipement spécialisé et une maîtrise parfaite des protocoles anesthésiques et post-opératoires.

Chirurgies orthopédiques vétérinaires : ostéosynthèse et arthroplastie

Les interventions orthopédiques constituent l’une des branches les plus techniques de la chirurgie vétérinaire. Ces procédures visent à restaurer la fonction locomotrice des animaux souffrant de pathologies osseuses, articulaires ou ligamentaires. L’orthopédie vétérinaire a connu des progrès spectaculaires ces dernières décennies, avec l’adoption de techniques initialement développées en médecine humaine et adaptées aux spécificités anatomiques des différentes espèces animales.

Réparation des fractures par plaques DCP et clous centromédullaires

L’ostéosynthèse représente l’ensemble des techniques permettant de stabiliser les fractures osseuses grâce à du matériel d’implantation métallique. Les plaques DCP (Dynamic Compression Plate) constituent la solution de référence pour la fixation des fractures diaphysaires et métaphysaires. Ces plaques, généralement fabriquées en acier inoxydable ou en titane, permettent une compression interfragmentaire optimale favorisant la consolidation osseuse. Lorsque vous amenez votre animal chez le vétérinaire suite à un traumatisme, celui-ci évaluera par radiographie la nature exacte de la fracture avant de déterminer la technique d’ostéosynthèse la plus appropriée.

Les clous centromédullaires, quant à eux, sont insérés directement dans le canal médullaire de l’os fracturé. Cette technique s’avère particulièrement efficace pour les fractures simples des os longs comme le fémur ou l’humérus. L’avantage principal de cette méthode réside dans sa capacité à supporter immédiatement une charge axiale importante, permettant une récupération fonctionnelle plus rapide. Selon les statistiques récentes, plus de 85% des fractures traitées par ostéosynthèse guérissent complètement en 8 à 12 semaines, à condition que la technique chirurgicale soit maîtrisée et que le suivi post-opératoire soit rigoureux.

Ostéotomie correctrice TPLO pour rupture du ligament croisé crânial

La rupture du ligament croisé crânial représente l’une des pathologies orthopédiques les plus fréquentes chez le chien, touchant particulièrement les races de grande taille et les animaux en surpoids. La technique TPLO (Tibial Plateau Leveling Osteotomy) a révolutionné le traitement de cette affection depuis son introduction dans les années 1990. Cette procédure consiste à modifier

l’angle du plateau tibial afin de neutraliser les forces exercées sur le genou lors de l’appui. Concrètement, le chirurgien réalise une ostéotomie circulaire du tibia proximal, puis fait pivoter le segment osseux avant de le stabiliser par une plaque spécifique et des vis. Après quelques semaines de cicatrisation osseuse, le chien peut progressivement reprendre une activité quasi normale, avec un risque de récidive très faible sur le membre opéré.

Cette chirurgie vétérinaire orthopédique exige un planning précis : imagerie pré-opératoire (radiographies de profil strict, parfois scanner), mesures angulaires, choix de la taille d’implant adaptée au poids de l’animal, puis suivi radiographique post-opératoire. Dans la majorité des études publiées, plus de 90 % des chiens opérés par TPLO retrouvent une fonction locomotrice satisfaisante à excellente dans les 4 à 6 mois suivant l’intervention. Une rééducation progressive (repos strict puis reprise contrôlée de la marche en laisse) est toutefois indispensable pour optimiser le résultat.

Prothèse totale de hanche selon la technique de zurich

La prothèse totale de hanche (PTH) est indiquée principalement chez les chiens atteints de dysplasie coxo-fémorale sévère ou d’arthrose avancée, lorsque les traitements médicaux ne suffisent plus à contrôler la douleur. La technique dite « de Zurich » est aujourd’hui l’une des références en chirurgie orthopédique vétérinaire. Elle consiste à remplacer l’articulation naturelle par un cotyle et une tête fémorale artificiels, souvent en alliage de cobalt-chrome ou en titane, parfois associés à des composants en polymères très résistants.

Lors de cette chirurgie vétérinaire spécialisée, le chirurgien prépare d’abord l’acétabulum (la cavité du bassin) pour y implanter une cupule prothétique, puis façonne le fémur proximal afin d’y insérer une tige fémorale sur laquelle vient s’articuler la nouvelle tête de hanche. L’objectif est de restaurer une articulation stable, indolore et fonctionnelle, permettant au chien de remarcher sans boiterie marquée. Dans les séries cliniques les plus récentes, le taux de satisfaction des propriétaires dépasse 95 %, avec un très net gain de qualité de vie pour les animaux actifs ou de grande taille.

Comme toute intervention lourde, la PTH nécessite une sélection rigoureuse des candidats (bilan orthopédique complet, radiographies, recherche d’éventuelles infections systémiques) et un suivi postopératoire strict. Les complications possibles incluent le luxation de la prothèse, l’infection profonde ou un descellement aseptique à long terme, mais elles restent limitées lorsque la chirurgie est réalisée dans un centre expérimenté et que les consignes de repos sont scrupuleusement respectées par le propriétaire.

Arthrodèse du carpe et du tarse pour instabilités articulaires

L’arthrodèse correspond à la fusion chirurgicale définitive d’une articulation. En chirurgie vétérinaire, elle est principalement utilisée au niveau du carpe (poignet) et du tarse (cheville) chez le chien et le chat. Ces régions articulaires peuvent être gravement lésées à la suite d’un accident (chute de hauteur, collision routière) ou atteintes par une arthrose destructrice, une infection ou une instabilité ligamentaire chronique. Lorsque les traitements conservateurs échouent, l’arthrodèse permet de retrouver un segment de membre stable et fonctionnel, au prix d’une perte de mobilité locale.

Techniquement, le chirurgien retire le cartilage articulaire résiduel, met les surfaces osseuses à nu puis les fixe dans une position fonctionnelle à l’aide de plaques, vis et parfois de greffons osseux. Une fois la fusion osseuse obtenue, l’animal ne ressent plus la douleur liée aux micro-mouvements articulaires pathologiques. Vous vous demandez peut-être si votre compagnon pourra encore marcher ou courir après une telle chirurgie ? Dans la majorité des cas, la démarche est légèrement modifiée, mais les animaux reprennent une vie quasi normale, avec un appui stable et sans douleur chronique.

Le temps de consolidation après arthrodèse est généralement de 8 à 12 semaines. Pendant cette période, une protection par pansement rigide ou attelle est souvent recommandée, associée à des contrôles radiographiques réguliers. Pour limiter le risque de complications (retard de consolidation, infection, casse de l’implant), il est capital de contrôler le poids de l’animal et d’éviter toute activité brusque ou sauts intempestifs.

Traitement chirurgical de la dysplasie du coude par ostéotomie ulnaire

La dysplasie du coude est une affection multifactorielle touchant principalement les jeunes chiens de grande race (Berger allemand, Labrador, Golden retriever, etc.). Parmi les différentes lésions possibles, les incongruences articulaires entre le radius et l’ulna jouent un rôle majeur. L’ostéotomie ulnaire proximale ou distale fait partie des solutions chirurgicales permettant de redistribuer les contraintes et d’améliorer le confort articulaire à long terme.

Lors de cette chirurgie orthopédique, le chirurgien réalise une section contrôlée de l’ulna afin de corriger l’alignement des surfaces articulaires du coude. Cette « mise à niveau » progressive, parfois associée à d’autres gestes (ablation d’un fragment coronoïde médial, curetage de lésions ostéochondrales), vise à réduire les forces de cisaillement responsables de la douleur et de l’arthrose précoce. À l’image d’un mécanisme d’horlogerie que l’on réajuste, l’objectif est de retrouver un fonctionnement plus harmonieux de l’articulation.

Les résultats cliniques dépendent fortement de l’âge de l’animal au moment de l’intervention et du degré d’arthrose déjà installé. Plus la prise en charge est précoce, meilleures sont les chances d’obtenir un coude fonctionnel et peu douloureux à l’âge adulte. Un suivi régulier, combinant contrôle du poids, activité physique modérée et parfois complémentation articulaire, reste essentiel pour préserver au mieux la mobilité du chien sur le long terme.

Interventions des tissus mous abdominaux et thoraciques

Les chirurgies vétérinaires des tissus mous abdominaux et thoraciques concernent principalement les organes internes (estomac, intestin, foie, rate, poumons, etc.). Elles sont souvent réalisées en contexte d’urgence, mais peuvent aussi être programmées à titre préventif ou pour traiter des tumeurs. Ces interventions exigent une préparation anesthésique rigoureuse, un contrôle strict de l’asepsie et une gestion fine de la douleur post-opératoire.

Gastropexie préventive et curative lors de dilatation-torsion gastrique

La dilatation-torsion de l’estomac (DTG) est une urgence vitale chez le chien, touchant surtout les grandes races à thorax profond (Dogues, Bergers allemands, Setters, etc.). L’estomac se remplit brutalement de gaz, puis se tord sur lui-même, compromettant la circulation sanguine et la respiration. Sans prise en charge chirurgicale rapide, le pronostic vital est engagé en quelques heures à peine. La gastropexie est l’intervention de référence pour traiter et prévenir cette pathologie redoutable.

Lors d’une gastropexie curative, le chirurgien détord l’estomac, évacue les gaz et les liquides puis fixe durablement la paroi gastrique à la paroi abdominale, afin d’empêcher une nouvelle rotation. Une gastropexie prophylactique peut aussi être proposée sur un chien à risque lors d’une autre chirurgie (stérilisation, par exemple), souvent par voie mini-invasive (gastropexie laparoscopique). Cette chirurgie vétérinaire préventive réduit de plus de 90 % le risque de récidive de torsion gastrique, tout en permettant un retour à une vie normale.

Pour limiter au maximum la survenue d’une DTG, il est conseillé de fractionner les repas, d’éviter l’exercice physique intense juste après l’alimentation et de surveiller de près tout signe anormal (abdomen distendu, tentatives de vomissements improductives, agitation). En cas de doute, mieux vaut consulter en urgence : en chirurgie digestive d’urgence, chaque minute compte.

Splénectomie d’urgence pour hémangiosarcome et masses spléniques

La rate est un organe abdominal impliqué dans la filtration du sang et la fonction immunitaire. Chez le chien âgé, des masses spléniques peuvent se développer, bénignes ou malignes. Parmi les tumeurs malignes, l’hémangiosarcome est l’une des plus fréquentes et des plus agressives. Ces masses sont souvent découvertes à l’occasion d’un malaise aigu, lié à une hémorragie interne après rupture partielle ou totale de la tumeur.

La splénectomie, c’est-à-dire l’ablation complète de la rate, constitue alors l’intervention d’urgence indispensable pour stopper l’hémorragie intra-abdominale et stabiliser l’animal. Pendant la chirurgie, un prélèvement de la masse est systématiquement envoyé pour analyse histopathologique afin de déterminer la nature exacte de la lésion. Même si le pronostic reste réservé pour les hémangiosarcomes métastatiques, la chirurgie vétérinaire permet souvent de gagner un temps précieux et d’améliorer le confort de l’animal, surtout lorsqu’elle est associée à une prise en charge oncologique complémentaire.

Chez certains chiens, des masses spléniques bénignes (hématomes, hyperplasies nodulaires) peuvent mimer un hémangiosarcome à l’échographie. D’où l’importance de ne pas trop tarder à explorer une rate anormalement augmentée de taille et de discuter avec votre vétérinaire de l’intérêt d’une splénectomie préventive, avant qu’une rupture brutale ne survienne.

Résection intestinale et anastomose termino-terminale pour corps étrangers

L’ingestion de corps étrangers (jouets, cailloux, chaussettes, os, ficelles, etc.) est une cause fréquente de consultation en urgence, en particulier chez le chiot et le jeune chien. Lorsque l’objet ingéré provoque une obstruction ou une perforation de l’intestin, une intervention chirurgicale devient inévitable. La résection intestinale suivie d’une anastomose termino-terminale est alors la technique de choix pour retirer le segment lésé et rétablir la continuité digestive.

Concrètement, le chirurgien ouvre l’abdomen, identifie le segment d’intestin atteint, ligature les vaisseaux sanguins associés puis retire la portion compromise. Les deux extrémités saines restantes sont ensuite suturées bord à bord, en veillant à préserver un bon apport sanguin et une lumière intestinale régulière. Cette chirurgie abdominale demande une grande délicatesse de manipulation, car la paroi intestinale est fragile et très vascularisée, un peu comme un tissu fin qu’il faut recoudre sans le déchirer.

Après l’intervention, une surveillance rapprochée est indispensable pour détecter rapidement toute complication (fuite anastomotique, péritonite, trouble de la motricité digestive). Une réalimentation progressive, une hydratation adéquate et le respect des consignes de repos intestinal (régime hyperdigestible, petites portions fréquentes) permettent généralement une récupération complète en quelques jours à quelques semaines.

Thoracotomie latérale pour lobectomie pulmonaire et résection tumorale

Les chirurgies thoraciques interviennent dans la prise en charge de certaines tumeurs pulmonaires, abcès, kystes ou lésions traumatiques. La thoracotomie latérale, réalisée entre deux côtes, permet d’accéder directement aux lobes pulmonaires concernés. Dans le cas d’une tumeur isolée, une lobectomie pulmonaire (ablation d’un lobe complet) peut être indiquée, avec pour objectif de retirer la masse avec des marges de sécurité suffisantes.

Cette chirurgie vétérinaire thoracique requiert une gestion anesthésique avancée, incluant souvent une ventilation assistée, car l’ouverture du thorax compromet la capacité de l’animal à respirer seul pendant l’intervention. Une fois la lésion retirée, un drain thoracique est mis en place pour évacuer l’air et les fluides résiduels, permettant la réexpansion progressive du ou des poumons restants. Les animaux sont ensuite étroitement surveillés en hospitalisation, en particulier durant les premières 24 à 48 heures.

Le pronostic après lobectomie dépend de la nature de la tumeur, de son stade au moment du diagnostic et de l’état général de l’animal. Dans certains cas de tumeurs primaires isolées et bien différenciées, la chirurgie peut offrir une espérance de vie prolongée, voire une guérison fonctionnelle. D’où l’intérêt de ne pas négliger une toux chronique, un essoufflement inhabituel ou une intolérance à l’effort, qui peuvent justifier une exploration radiographique ou scannerisée du thorax.

Neurochirurgie vétérinaire : interventions vertébrales et cérébrales

La neurochirurgie vétérinaire regroupe l’ensemble des interventions réalisées sur le cerveau, la moelle épinière et les nerfs périphériques. Ces chirurgies sont parmi les plus délicates, car quelques millimètres peuvent faire la différence entre une récupération complète et des séquelles neurologiques irréversibles. Les avancées en imagerie (scanner, IRM) et en monitoring anesthésique ont toutefois considérablement amélioré la sécurité et les résultats de ces interventions.

Hémilaminectomie dorsale pour hernie discale thoraco-lombaire

Chez le chien, en particulier les races chondrodystrophiques (Teckel, Bouledogue français, Pékinois, etc.), la hernie discale thoraco-lombaire est une cause majeure de douleur dorsale aiguë et de paralysie des membres postérieurs. Lorsqu’un traitement médical ne suffit pas, ou en cas de perte brutale de la marche, une hémilaminectomie dorsale est souvent indiquée. Cette chirurgie consiste à retirer une portion de l’arc vertébral pour accéder à la moelle épinière et enlever le matériel discal compressif.

Imaginez la moelle épinière comme un câble électrique très sensible enfermé dans un conduit osseux : l’hémilaminectomie crée une « fenêtre » dans ce conduit, permettant de soulager la pression exercée sur le câble. Plus l’intervention est réalisée précocement après l’apparition des signes neurologiques graves, meilleures sont les chances de récupération. Dans certaines études, plus de 80 % des chiens opérés dans les 24 à 48 heures retrouvent une capacité de marche fonctionnelle.

Après l’intervention, une période d’hospitalisation et de rééducation est nécessaire. Les soins comprennent la gestion de la douleur, la prévention des escarres, le maintien de la mobilité articulaire et, si besoin, l’assistance à la vidange de la vessie. La patience et l’implication du propriétaire jouent un rôle clé dans le succès à long terme.

Décompression chirurgicale par fente ventrale pour syndrome de wobbler

Le syndrome de Wobbler regroupe diverses affections cervicales provoquant une compression chronique de la moelle épinière chez le chien de grande race (Dobermann, Dogue allemand, etc.). Cliniquement, on observe une démarche hésitante et chancelante, d’où le nom « Wobbler ». Une des approches chirurgicales possibles est la décompression par fente ventrale, réalisée au niveau de la colonne cervicale.

Par une approche ventrale du cou, le chirurgien retire une partie du disque intervertébral ou du tissu osseux proliférant qui comprime la moelle épinière. L’objectif est de redonner de l’espace au cordon médullaire et de stabiliser la région concernée, parfois à l’aide de vis, de plaques ou de dispositifs d’espacement intervertébral. Cette chirurgie vétérinaire est techniquement exigeante, car elle se déroule à proximité de structures vitales (trachée, œsophage, gros vaisseaux).

Les résultats dépendent de la sévérité et de la chronicité de la compression médullaire. Certains chiens montrent une amélioration nette de leur démarche en quelques semaines, tandis que d’autres conservent une ataxie résiduelle. Une prise en charge globale, associant contrôle du poids, limitation des activités traumatisantes et suivi neurologique régulier, est indispensable pour maintenir la meilleure qualité de vie possible.

Craniotomie pour exérèse de méningiome et tumeurs intracrâniennes

Les tumeurs intracrâniennes, telles que les méningiomes ou certains gliomes, sont de plus en plus diagnostiquées grâce à la généralisation de l’IRM en médecine vétérinaire. Lorsque la localisation et la nature présumée de la tumeur s’y prêtent, une craniotomie (ouverture partielle de la boîte crânienne) peut être proposée pour retirer ou réduire la masse tumorale. Le but de cette chirurgie est de diminuer la pression intracrânienne et de soulager les signes neurologiques (convulsions, troubles de la démarche, modifications comportementales).

Durant l’intervention, un volet osseux est soigneusement découpé puis replacé ou remplacé après exérèse tumorale. Le chirurgien travaille sous loupe ou microscope opératoire pour préserver au maximum le tissu cérébral sain. Bien qu’il soit rarement possible de garantir une « guérison » au sens strict, l’ablation d’un méningiome bien délimité permet, dans de nombreux cas, d’obtenir plusieurs mois à plusieurs années de confort supplémentaire pour l’animal.

La décision d’engager une telle chirurgie vétérinaire cérébrale doit être mûrement réfléchie avec votre vétérinaire référent et un neurologue : âge de l’animal, état général, type de tumeur suspectée, coûts et contraintes de suivi sont autant de paramètres à prendre en compte. Un suivi post-opératoire rapproché, incluant parfois traitement antiépileptique et imagerie de contrôle, est indispensable.

Stabilisation atlantoaxiale par vis trans-articulaires

L’instabilité atlantoaxiale est une affection touchant surtout les petits chiens (Yorkshire, Pinscher nain, Spitz, etc.), souvent en lien avec une malformation congénitale de l’axis (C2). Cette instabilité entre la première et la deuxième vertèbre cervicale peut entraîner une compression sévère de la moelle épinière, avec douleurs cervicales, faiblesse voire tétraplégie. La stabilisation chirurgicale par vis trans-articulaires est l’une des techniques de référence pour corriger durablement ce problème.

Par une approche ventrale, le chirurgien place des vis ou des broches à travers les vertèbres C1 et C2, parfois associées à du ciment osseux, afin de bloquer l’articulation de manière permanente. Ce geste revient, en quelque sorte, à poser un « pont » rigide entre deux pièces d’un puzzle qui ne s’emboîtaient plus correctement, pour empêcher tout mouvement traumatisant ultérieur. La chirurgie est délicate, car la zone est étroite et riche en structures nerveuses et vasculaires.

Les chiens opérés précocement, avant l’apparition de lésions médullaires irréversibles, ont les meilleures chances de récupérer une mobilité satisfaisante. Une immobilisation stricte et une protection du cou pendant plusieurs semaines (collier cervical, confinement) sont nécessaires pour permettre la consolidation osseuse autour des implants.

Chirurgies ophtalmologiques spécialisées canines et félines

La chirurgie ophtalmologique vétérinaire regroupe les interventions réalisées sur l’œil et ses annexes (paupières, conjonctive, cornée, cristallin, etc.). La vue joue un rôle majeur dans le bien-être de nombreux chiens et chats : préserver ou restaurer la fonction visuelle lorsqu’elle est menacée est donc un objectif central. Les techniques modernes, largement inspirées de l’ophtalmologie humaine, permettent aujourd’hui d’aborder des pathologies autrefois considérées comme désespérées.

Phacoémulsification avec implantation de lentille intraoculaire

La cataracte correspond à l’opacification progressive du cristallin, cette petite lentille naturelle située à l’intérieur de l’œil. Elle peut entraîner une baisse de vision, voire une cécité totale si elle n’est pas traitée. La phacoémulsification, associée à l’implantation d’une lentille intraoculaire artificielle, est actuellement la technique de choix pour restaurer la transparence du système optique chez le chien et, plus rarement, chez le chat.

Lors de cette chirurgie vétérinaire spécialisée, le chirurgien réalise une petite incision cornéenne, fragmente le cristallin opacifié à l’aide d’ultrasons (phacoémulsification), puis aspire les débris. Une lentille intraoculaire souple est ensuite insérée et positionnée à la place du cristallin retiré. L’intervention est minutieuse, mais peu invasive : la plupart des animaux peuvent rentrer à la maison le jour même, avec un traitement local intensif (collyres antibiotiques et anti-inflammatoires) pendant plusieurs semaines.

Les taux de succès visuel à moyen terme dépassent 85 à 90 % dans les centres expérimentés, à condition que les yeux ne présentent pas d’autre pathologie sévère (glaucome, décollement de rétine, uvéite chronique). Un bilan ophtalmologique préalable complet (examen à la lampe à fente, mesure de la pression intraoculaire, électrorétinographie) est donc indispensable pour déterminer la faisabilité et le pronostic de la chirurgie.

Énucléation et éviscération pour glaucome réfractaire

Le glaucome se caractérise par une augmentation pathologique de la pression à l’intérieur de l’œil, entraînant douleurs intenses et perte progressive de la vision. Lorsque les traitements médicaux ne parviennent plus à contrôler cette pression, ou lorsque l’œil est déjà aveugle et douloureux, une solution chirurgicale radicale peut être envisagée pour soulager durablement l’animal. Deux options principales existent : l’énucléation et l’éviscération avec pose d’implant.

L’énucléation consiste à retirer l’œil dans son intégralité, puis à refermer les paupières. Bien que cette chirurgie puisse impressionner les propriétaires, elle permet souvent une disparition rapide de la douleur et une excellente qualité de vie, les animaux s’adaptant remarquablement bien à la vision monoculaire. L’éviscération, quant à elle, consiste à retirer le contenu interne de l’œil tout en conservant la coque sclérale, dans laquelle est placé un implant de volume. Le résultat esthétique est alors plus discret, ce qui peut être un critère important pour certaines familles.

Le choix entre ces techniques dépend de l’état de l’œil, de la présence éventuelle de tumeurs intraoculaires et des préférences du propriétaire. L’essentiel reste de ne pas laisser un animal vivre avec une douleur oculaire chronique : la chirurgie vétérinaire permet ici de privilégier le confort plutôt que la conservation d’un organe devenu non fonctionnel.

Kératectomie lamellaire superficielle pour séquestre cornéen félin

Le séquestre cornéen félin est une affection spécifique du chat, caractérisée par la formation d’une plaque brun-noirâtre sur la cornée, souvent associée à une douleur oculaire, un larmoiement et une gêne à la lumière. Cette lésion correspond à une nécrose localisée du stroma cornéen et ne guérit pas spontanément dans les formes avancées. La kératectomie lamellaire superficielle est alors l’intervention de choix pour retirer la zone séquestrée et favoriser une cicatrisation saine.

Le chirurgien enlève soigneusement, couche par couche, la portion altérée de la cornée, en préservant au maximum les tissus sains sous-jacents. Selon la profondeur de la lésion, un greffon conjonctival ou une membrane biosynthétique peut être appliqué pour soutenir la cicatrisation et renforcer la cornée. Imaginez qu’il s’agisse de remplacer un morceau de vitre abîmée par un panneau provisoire permettant à la structure de se consolider : peu à peu, les tissus se réorganisent pour restaurer une surface transparente.

La plupart des chats montrent une nette amélioration du confort quelques jours après la chirurgie, même si une légère opacification cornéenne résiduelle peut persister. Les récidives sont possibles, en particulier chez certaines races prédisposées (Persan, Exotic Shorthair), ce qui justifie un suivi régulier et la prise en charge des facteurs favorisants (infections virales, sécheresse oculaire, anomalies palpébrales).

Correction chirurgicale de l’entropion par technique de Hotz-Celsus

L’entropion correspond à un enroulement vers l’intérieur de la paupière, entraînant le frottement des cils et de la peau sur la cornée. Cette affection est fréquente chez de nombreuses races de chiens (Shar Pei, Bulldog, Labrador, etc.) et peut provoquer irritation chronique, ulcères cornéens et douleurs importantes. La technique de Hotz-Celsus est l’une des méthodes chirurgicales les plus utilisées pour corriger de manière durable cet enroulement.

Le principe est de retirer une fine ellipse de peau et de muscle le long du bord de la paupière, puis de suturer de façon à « rouler » la paupière vers l’extérieur. L’intervention doit être précisément dosée : une correction insuffisante laisse persister un entropion résiduel, tandis qu’une correction excessive risque de provoquer un ectropion (paupière trop éversée). C’est pourquoi une bonne expérience en chirurgie palpébrale est essentielle pour obtenir un résultat fonctionnel et esthétique satisfaisant.

Chez le chiot, il est parfois préférable de commencer par des solutions temporaires (points de tarsorraphie, colle tissulaire) avant d’envisager une chirurgie définitive, car la croissance peut modifier la conformation des paupières. Dans tous les cas, ne laissez pas un entropion évoluer sans traitement : plus la cornée est irritée longtemps, plus le risque de séquelles (cicatrices, pigmentation, baisse de vision) augmente.

Oncochirurgie vétérinaire : exérèse tumorale et marges de sécurité

L’oncochirurgie vétérinaire est dédiée à la prise en charge des tumeurs chez les animaux de compagnie. Elle repose sur un principe fondamental : retirer la masse tumorale avec des marges de sécurité suffisantes pour réduire au maximum le risque de récidive locale. Selon le type de cancer, la chirurgie peut être curative, palliative ou intégrée dans un protocole multimodal associant chimiothérapie et radiothérapie.

Mastectomie radicale unilatérale pour carcinome mammaire

Chez la chienne non stérilisée, les tumeurs mammaires sont parmi les cancers les plus fréquents. Une stérilisation précoce réduit fortement ce risque, mais de nombreuses chiennes sont encore diagnostiquées à un stade où une chirurgie mammaire est nécessaire. En présence de carcinomes mammaires multiples ou étendus, la mastectomie radicale unilatérale (ablation de toutes les glandes mammaires d’un côté) est souvent recommandée.

Cette approche permet de retirer non seulement les tumeurs visibles, mais aussi les tissus mammaires à risque et les chaînes lymphatiques associées. L’incision, longue, peut impressionner, mais la plupart des chiennes récupèrent très bien, avec un confort vite retrouvé grâce à une gestion rigoureuse de la douleur. Le prélèvement de ganglions lymphatiques régionaux et l’analyse histologique complètent le bilan pronostique, permettant d’adapter si besoin un traitement complémentaire (chimiothérapie).

Vous vous interrogez peut-être sur le moment opportun pour opérer ? En règle générale, plus la tumeur est retirée tôt, meilleure est la probabilité de contrôle local durable. C’est pourquoi il est conseillé de consulter rapidement en cas de nodule mammaire, même de petite taille, plutôt que d’attendre qu’il grossisse ou se multiplie.

Amputation de membre pour ostéosarcome appendiculaire

L’ostéosarcome est une tumeur osseuse maligne très agressive, touchant principalement les chiens de grande taille au niveau des os longs (humérus, radius, fémur, tibia). La tumeur fragilise l’os et provoque des douleurs intenses, parfois responsables de fractures pathologiques. L’amputation du membre affecté reste souvent la solution la plus rapide et la plus efficace pour soulager la douleur et prévenir un effondrement brutal de l’os.

Contrairement à une idée reçue, la majorité des chiens s’adaptent remarquablement bien à la vie sur trois pattes, surtout lorsqu’ils ne souffrent plus. L’amputation peut être associée à une chimiothérapie pour limiter le risque de métastases pulmonaires, malheureusement fréquent dans cette maladie. Si la guérison définitive reste rare, la combinaison d’une chirurgie vétérinaire adaptée et d’un traitement médical permet souvent de prolonger la durée et la qualité de vie de plusieurs mois.

La décision d’opter pour une amputation doit se discuter en toute transparence avec le vétérinaire : taille et gabarit du chien, état des autres membres, environnement de vie, capacité d’accompagnement de la famille sont autant de paramètres à prendre en compte. L’objectif est toujours d’offrir à l’animal un quotidien sans douleur, avec une mobilité suffisante pour qu’il puisse continuer à profiter de ses activités favorites.

Résection de tumeurs cutanées avec marges oncologiques de 3 cm

Les tumeurs cutanées (mastocytomes, sarcomes des tissus mous, carcinomes épidermoïdes, etc.) sont très fréquentes chez le chien et le chat. Leur prise en charge chirurgicale repose sur une règle simple : mieux vaut enlever « trop » que pas assez, en respectant des marges latérales et profondes adaptées au type de tumeur. Pour de nombreuses tumeurs malignes, des marges de 2 à 3 cm autour de la lésion visible, ainsi qu’un plan tissulaire sain en profondeur, sont recommandées.

Sur le plan pratique, cela signifie que le chirurgien retire non seulement la masse elle-même, mais aussi une collerette de peau et de tissu sous-cutané environnant, voire une partie du muscle sous-jacent. Cette approche peut paraître radicale, mais elle réduit considérablement le taux de récidive locale. L’échantillon est ensuite envoyé au laboratoire pour vérifier la qualité des marges (marges saines ou envahies).

Dans les zones où la peau disponible est limitée (tête, membres distaux), respecter des marges oncologiques de 3 cm peut être difficile sans recourir à des techniques de chirurgie reconstructrice. C’est là que l’association entre oncochirurgie et chirurgie plastique vétérinaire prend tout son sens : en combinant exérèse large et lambeaux cutanés, il devient possible de traiter efficacement la tumeur tout en assurant une fermeture correcte de la plaie.

Chirurgies reconstructives et plastiques : lambeaux et greffes cutanées

La chirurgie reconstructrice et plastique en médecine vétérinaire intervient lorsque la fermeture simple d’une plaie n’est pas possible ou risquerait de compromettre la fonction (par exemple, limiter l’ouverture de la bouche ou la mobilité d’une articulation). Elle est souvent utilisée après l’exérèse de tumeurs cutanées étendues, des traumatismes sévères (morsures, brûlures, accidents de la voie publique) ou des complications de cicatrisation.

Lambeaux à pédicule sous-cutané pour couverture de plaies étendues

Les lambeaux à pédicule sous-cutané sont des portions de peau et de tissu sous-cutané déplacées d’une zone donneuse vers une zone receveuse, tout en conservant un pont vasculaire intact. Contrairement à une greffe libre, le lambeau reste relié à sa source d’irrigation sanguine, ce qui augmente considérablement ses chances de survie. Cette technique est particulièrement utile pour couvrir des plaies étendues ou des zones où l’os, les tendons ou les implants sont exposés.

Le chirurgien dessine puis décolle délicatement le lambeau, le fait pivoter ou avancer vers le défaut cutané, puis le suture en place. La zone donneuse est ensuite refermée autant que possible ou laissée à cicatriser secondairement si nécessaire. On peut comparer ce geste à la réorganisation d’une nappe sur une table : on tire doucement sur un pan pour recouvrir une zone restée à nu, tout en veillant à ne pas la déchirer ni couper l’alimentation en « fibres » que représente la vascularisation.

La réussite de ce type de chirurgie vétérinaire dépend d’une planification minutieuse, d’une dissection atraumatique et d’une bonne gestion post-opératoire (protection mécanique, prévention du léchage, contrôle de la douleur). Les lambeaux à pédicule offrent souvent des résultats fonctionnels et esthétiques supérieurs aux cicatrisations spontanées sur de larges plaies.

Greffe cutanée en maille pour reconstruction post-traumatique

Les greffes cutanées en maille (ou « mesh grafts ») sont utilisées lorsque la surface à couvrir est très importante et qu’il n’existe pas suffisamment de peau adjacente pour réaliser un lambeau. La greffe consiste à prélever un fragment de peau saine sur un site donneur (thorax, cuisse, etc.), puis à le découper en motif de maille permettant de l’étendre sur une zone plus vaste.

La zone receveuse doit être parfaitement préparée : tissu de granulation sain, absence d’infection, bonne vascularisation. Le greffon est ensuite suturé ou agrafé en place, puis protégé par un pansement compressif. Au fil des jours, de nouveaux vaisseaux sanguins colonisent la greffe, qui s’intègre progressivement au site receveur. Bien que l’aspect final de la peau puisse rester irrégulier, l’objectif principal – protéger les tissus sous-jacents et restaurer une couverture cutanée durable – est généralement atteint.

Les greffes en maille sont particulièrement utiles dans le traitement de fortes pertes de substance cutanée après accidents, brûlures ou infections nécrosantes. Elles permettent de réduire la durée globale de cicatrisation et d’améliorer le confort de l’animal, en limitant les douleurs et les risques d’infection liés aux plaies ouvertes chroniques.

Technique de fermeture par lambeau axial thoraco-dorsal

Les lambeaux axiaux sont des lambeaux cutanés spécifiques basés sur une artère cutanée directe identifiée anatomiquement. Le lambeau axial thoraco-dorsal, basé sur l’artère cutanée thoraco-dorsale, est largement utilisé chez le chien pour reconstruire des pertes de substance importantes au niveau du thorax, de l’abdomen cranial ou de la région scapulaire. Grâce à sa vascularisation fiable, ce lambeau peut être de grande taille tout en conservant une excellente viabilité.

La planification du lambeau se fait sur la base de repères anatomiques précis, permettant de s’assurer que l’artère principale reste incluse dans le pédicule. Le lambeau est ensuite levé, pivoté vers la zone à couvrir puis suturé en place. Cette technique est particulièrement intéressante après exérèse large de tumeurs cutanées ou de sarcomes des tissus mous dans les régions latérales du tronc, où la peau est encore relativement abondante mais où une simple suture rapprochée serait trop tendue ou irréaliste.

Comme pour tout lambeau axial, le succès repose sur une dissection méticuleuse, l’évitement de torsions ou de tensions excessives sur le pédicule et une protection rigoureuse de la zone opérée dans les jours qui suivent. En combinant chirurgie oncologique et chirurgie reconstructrice, le lambeau thoraco-dorsal permet d’offrir aux animaux une prise en charge complète, alliant contrôle tumoral et restauration anatomique et fonctionnelle optimale.

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